L'Histoire de la coiffure: une évolution à travers les âges
- Bachiri Rabie
- 5 févr.
- 5 min de lecture
La coiffure est bien plus qu'une simple question d'esthétique ; elle est un reflet des modes, des cultures, et des identités au fil des siècles.

À travers l’histoire, la coiffure a traversé des évolutions liées à des raisons sociales, culturelles, religieuses, et économiques.
De l'Antiquité à nos jours, les techniques et les styles capillaires ont constamment changé, en réponse aux besoins, aux symboles et aux influences extérieures.
Les Premières coiffures : L’Antiquité
L’histoire de la coiffure remonte à plusieurs milliers d'années, lorsque les premières civilisations ont commencé à utiliser des instruments pour modifier et embellir leurs cheveux.

Les Égyptiens de l'Antiquité sont souvent considérés comme les pionniers en matière de coiffure.
Les femmes et les hommes de cette époque s’efforçaient de maintenir des cheveux soignés et lissés. Les coiffeurs égyptiens utilisaient des huiles parfumées et des cires pour fixer les coiffures, et les tresses étaient courantes, particulièrement parmi les classes supérieures.
Les Égyptiennes étaient également célèbres pour leurs perruques, portées à la fois pour des raisons esthétiques et pratiques. Les perruques servaient à protéger les cheveux du soleil et de la chaleur intense. Les coiffures de la royauté étaient particulièrement ornées, symbolisant le statut social et la richesse. Cléopâtre, par exemple, est souvent représentée avec des coiffures sophistiquées, soulignant l'importance de l’apparence capillaire dans l’Égypte ancienne.

À la même époque, en Grèce et à Rome, la coiffure jouait également un rôle symbolique.
Les Grecs et les Romains utilisaient des huiles et des pommades pour discipliner leurs cheveux, et les coiffures étaient souvent associées à des valeurs telles que la pureté ou la virilité.

Les Romains se distinguaient par des coiffures complexes, où des boucles et des tresses étaient tissées et fixées en des motifs élaborés. La coiffure faisait souvent partie d’un rituel de beauté qui incluait des bains et des soins du corps.
Le Moyen Âge : coiffures religieuses et sociales
Au Moyen Âge, la coiffure subit un changement notable en raison des influences religieuses.

Les chrétiens, par exemple, croyaient que couper les cheveux était un acte de renoncement aux plaisirs terrestres.
Les moines et les religieuses arboraient souvent des tonsures, des coiffures qui signalaient leur dévouement religieux.
En revanche, les femmes de la noblesse médiévale entretenaient des cheveux longs et soignés, symbolisant leur beauté et leur statut social.
Les tresses et les voiles étaient des éléments essentiels de la mode féminine de l’époque.
Les coiffures des hommes au Moyen Âge variaient selon les classes sociales.
Les nobles et les chevaliers portaient souvent des cheveux courts et bien taillés, tandis que les paysans, eux, préféraient des coiffures simples, souvent attachées en queues de cheval ou sous des couvre-chefs pour protéger leurs cheveux lors des travaux.
Les coiffures médiévales étaient aussi influencées par la mode des grandes cours royales. L’apparence des cheveux des nobles était souvent un signe de richesse et d’éducation.
Des matériaux précieux comme l’or et les perles étaient parfois utilisés pour décorer les coiffures féminines, créant des styles somptueux.
La Renaissance : coiffure comme symbole de luxe
Au cours de la Renaissance, les cheveux deviennent un symbole de luxe et d’élégance.

La noblesse européenne, particulièrement en Italie et en France, accordait une importance particulière à la coiffure. Les femmes arboraient des coiffures opulentes, souvent agrémentées de rubans, de perles et de bijoux. Les cheveux étaient soigneusement arrangés, parfois tressés ou bouclés, pour créer des volumes impressionnants.
Les hommes, quant à eux, préféraient des coiffures soignées et souvent bouclées.
L'influence de la cour italienne et la beauté classique de figures telles que Léonard de Vinci et Michel-Ange ont joué un rôle clé dans l’évolution des styles capillaires de cette période.
La coiffure était désormais un moyen d’affirmer sa position sociale et de marquer son appartenance à une élite cultivée et raffinée.
Le XVIIe et XVIIIe siècle : coiffures exubérantes et perdues dans le temps

Les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués par des coiffures particulièrement exubérantes et ambitieuses, notamment en France.
L’époque de Louis XIV, surnommé le Roi Soleil, voit l'émergence de coiffures très élaborées, souvent rehaussées par des perruques volumineuses. La mode de la perruque se répand également dans toute l’Europe, atteignant son apogée au XVIIIe siècle.

Les coiffures féminines de l'époque étaient hautement stylisées, avec des boucles et des torsades qui atteignaient des hauteurs impressionnantes.
Ces coiffures étaient souvent garnies de plumes, de bijoux et de divers ornements.
Dans les cours royales, les coiffeurs étaient considérés comme des artisans hautement qualifiés, et la coiffure devenait une forme d'art en elle-même.
Les hommes, quant à eux, se distinguaient avec des perruques poudrées qui signalaient leur statut.
Ces perruques sont devenues emblématiques de l'époque baroque et rococo, représentant à la fois la richesse et le raffinement d’une époque de grande opulence.
Le XIXe siècle : retour à la simplicité et apparition des coiffeurs
Au XIXe siècle, l'industrialisation et l'urbanisation ont provoqué des changements dans les habitudes sociales, et avec cela, l’apparence capillaire évolue.

Les coiffures deviennent plus simples, moins ornées et plus pratiques, à l’image des styles plus sobres du romantisme. La mode de la perruque s'estompe progressivement, et les cheveux naturels prennent le devant de la scène.
Les femmes préfèrent des coiffures moins imposantes, comme des chignons ou des boucles légères, tandis que les hommes portent des cheveux plus courts et soignés.
Ce siècle marque également la naissance de la profession de coiffeur, et les salons de coiffure commencent à se développer, particulièrement dans les grandes villes.
Le XXe Siècle : La Coiffure Comme Expression Personnelle
Le XXe siècle est une véritable révolution pour la coiffure.
L’apparition de nouvelles technologies, comme les permanentes, les défrisages, et les colorations, transforme complètement l’industrie de la coiffure.
La coupe de cheveux devient un moyen d'expression personnelle, et les coiffures évoluent avec les tendances de chaque décennie.
Les années 1920 sont marquées par le style "bob" des femmes, qui libère les cheveux des longueurs imposantes du siècle précédent. Dans les années 1950, les femmes préfèrent des coiffures plus glamour, inspirées par des icônes comme Marilyn Monroe.

Les années 1960 et 1970 voient l’apparition des styles hippies, avec des cheveux longs et naturels.

Les années 1980 sont une explosion de volume et de couleurs audacieuses, tandis que les années 1990 accueillent le retour à des coupes plus structurées et minimalistes.
Le XXIe siècle poursuit cette dynamique, avec l'essor des techniques modernes, telles que le lissage brésilien, les extensions de cheveux, et la coloration permanente.
Les tendances actuelles, influencées par les réseaux sociaux et la culture pop, ont permis aux individus d’expérimenter des styles divers et uniques, qui répondent à un désir d'affirmation de soi et de créativité.
Conclusion
La coiffure, tout au long de l’histoire, a toujours été un puissant moyen d’expression.
Qu’il s’agisse de symboliser le statut social, de suivre des modes ou d’affirmer une identité personnelle, chaque époque a su redéfinir ce que les cheveux signifiaient et comment ils étaient mis en valeur.
À travers les âges, la coiffure continue de jouer un rôle essentiel dans la façon dont les individus se perçoivent et se présentent au monde.
Aujourd’hui, la coiffure est un véritable art, qui continue de s’adapter aux nouvelles tendances et à la diversité des styles personnels.
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